Comprendre le solaire

Comment fonctionne un panneau solaire ? Le guide pour débuter

Du rayon de soleil qui touche la tuile jusqu'au lave-linge qui tourne à midi : voici comment fonctionne un panneau solaire, sur un toit et dans votre tableau électrique. Sans jargon, avec les chiffres que nous relevons sur nos chantiers de Rhône-Alpes.

La face arrière d'un panneau et son micro-onduleur, sur un toit en tuiles.
Sommaire
1. Comment fonctionne un panneau solaire, en cinq étapes2. Comment la lumière devient de l'électricité3. Du carré de silicium au panneau posé sur vos tuiles4. L'onduleur, la pièce que personne ne voit et que tout le monde oublie5. Où part l'électricité une fois qu'elle est produite6. Comment fonctionne un panneau solaire quand le soleil manque7. Ce qu'une installation produit vraiment dans l'année8. Ce qui fait qu'un toit produit bien ou mal9. Les différents panneaux, expliqués simplement10. Comment fonctionne un panneau solaire sur une maison comme la vôtre11. Ce qui tombe en panne, ce qui ne tombe pas12. Les kits à monter soi-même et le plug and play13. Combien de panneaux pour votre maison14. Du devis à la première production15. Les questions que l'on nous pose le plus souvent

1. Comment fonctionne un panneau solaire, en cinq étapes

Un panneau solaire transforme la lumière du soleil en électricité. Pas la chaleur, la lumière. C'est une distinction qui surprend souvent nos clients lors de la visite, et elle explique beaucoup de choses : un panneau produit aussi par temps froid, et il produit même quand le ciel est gris, simplement moins.

Entre le rayon qui arrive sur votre toit et la machine à laver qui tourne dans la buanderie, le courant suit toujours le même chemin. Le voici en cinq étapes, avant de le détailler.

  • La lumière frappe les cellules du panneau, qui produisent un courant continu.
  • Ce courant descend par des câbles jusqu'à l'onduleur.
  • L'onduleur le convertit en courant alternatif, celui de vos prises.
  • Le courant rejoint votre tableau électrique.
  • Il alimente d'abord les appareils allumés.
  • Ce que vous ne consommez pas part sur le réseau par votre compteur.

Ainsi fonctionne un panneau solaire, dans son principe. Rien ne tourne, rien ne chauffe, rien ne se consomme dans l'opération. Un panneau n'est pas une pile qui se vide : c'est une surface qui réagit tant qu'il y a de la lumière dessus. Le matin, la production monte avec le soleil. À midi, elle plafonne. Le soir, elle retombe. La nuit, elle est nulle, et votre maison repasse sur le réseau sans que vous ayez rien à faire.

La suite de ce guide répond aux questions que l'on nous pose sur le pas de la porte, dans l'ordre où elles viennent : comment la lumière devient du courant, à quoi servent les boîtiers gris du garage, ce que devient l'électricité produite quand personne n'est à la maison, et ce qui fait qu'un toit produit bien ou mal.

2. Comment la lumière devient de l'électricité

Le cœur du panneau, ce sont ses cellules : des carrés bleu nuit ou noirs, d'environ quinze centimètres de côté, faits de silicium. Le silicium est un matériau tiré du sable, très courant, capable d'un petit tour de force quand on le prépare correctement.

La lumière du soleil voyage sous forme de grains d'énergie, les photons. Quand un photon entre dans la cellule, il bouscule un électron du silicium et le décroche de sa place. L'électron libéré cherche à retrouver l'équilibre. C'est là que la fabrication devient astucieuse : la cellule est faite de deux couches de silicium préparées différemment, l'une chargée un peu positivement, l'autre un peu négativement. Entre les deux, une frontière invisible oblige tous les électrons libérés à partir dans le même sens.

Des électrons qui se déplacent tous dans la même direction, c'est exactement la définition d'un courant électrique. On appelle cela l'effet photovoltaïque, connu depuis le XIX e siècle. Rien n'a été inventé récemment : on a seulement appris à le faire à bas prix, et à grande échelle.

Pourquoi un panneau ne s'use presque pas

Comme aucune pièce ne bouge et qu'aucun carburant n'est consommé, la cellule ne s'abîme pas en produisant. Elle perd un peu d'efficacité chaque année. Au bout de vingt-cinq ans, il donne encore 85 % de sa puissance de départ, ce qui explique la durée des garanties du fabricant comme des nôtres. Les fabricants s'engagent donc sur des durées très longues, et nous garantissons l'installation 25 ans.

Une remarque amuse toujours nos clients sur le toit : la cellule produit mieux quand elle est froide. Une belle journée de mars, ciel clair et air frais, donne souvent un meilleur rendement instantané qu'un après-midi de canicule.

3. Du carré de silicium au panneau posé sur vos tuiles

Une cellule seule ne produit presque rien : environ un demi-volt. Pour obtenir quelque chose d'utile, le fabricant en relie une soixantaine, parfois plus, et les enferme dans un ensemble étanche. On obtient le panneau, ce rectangle d'environ 1,80 m sur 1,10 m que nous montons sur les toits.

Ce rectangle est en réalité un empilement de couches. Devant, un verre trempé de trois à quatre millimètres, qui encaisse la grêle et les branches. Derrière le verre, un film transparent qui enrobe les cellules et les protège de l'humidité. Au dos, une feuille de protection, puis un cadre en aluminium qui tient tout cela et sert à la fixation. Sur l'arrière, enfin, un boîtier de jonction d'où sortent deux câbles.

Ce que veulent dire les watts inscrits au dos

Sur l'étiquette, vous lirez par exemple 500 W. Cette valeur est la puissance du panneau dans des conditions de laboratoire, plein soleil et cellules à 25 degrés. Additionnez la puissance de tous vos panneaux et vous obtenez la puissance de l'installation, exprimée en kilowatts-crête, abrégés en kWc. Quinze panneaux de 400 W donnent 6 kWc.

Attention à ne pas confondre deux unités. Le kWc décrit la taille de l'installation, comme la cylindrée d'un moteur. Le kilowattheure, ou kWh, décrit ce qui sort réellement dans l'année, comme les kilomètres parcourus. Une installation de 6 kWc posée chez nous produit environ 7 550 kWh par an, sur un toit bien orienté. C'est le chiffre que nous calculons pour votre adresse pendant l'étude, jamais une moyenne nationale.

Vous verrez aussi passer le mot rendement, souvent mis en avant par les fabricants pour vanter leur technologie. Il désigne la part de la lumière reçue qu'une cellule arrive à convertir, aujourd'hui entre 20 et 23 % sur les panneaux que nous posons. Ce chiffre intéresse surtout les fabricants. Pour vous, ce qui compte est la place disponible sur le rampant et le nombre de kilowattheures qui en sortira.

4. L'onduleur, la pièce que personne ne voit et que tout le monde oublie

Ce qui sort des panneaux est un courant continu. Vos prises, elles, fonctionnent en alternatif. Il faut donc un traducteur entre les deux, et c'est exactement le rôle de l'onduleur. Sans lui, votre production ne servirait à rien dans la maison.

Deux façons de faire, que nous choisissons selon le toit

Le premier montage est l'onduleur central. Un seul boîtier, gros comme une valise cabine, fixé au garage ou au cellier. Tous les panneaux lui envoient leur courant par une chaîne unique. C'est simple à poser et économique, avec un défaut : les panneaux d'une même chaîne se calent sur le plus faible d'entre eux. Une ombre de cheminée sur un seul panneau fait baisser toute la rangée.

Le second montage place un petit onduleur sous chaque panneau, un micro-onduleur, grand comme un livre de poche. Chaque panneau travaille alors pour lui-même. Si l'un est à l'ombre, les autres continuent au maximum. Ce montage coûte un peu plus cher à l'achat. Nous la posons dès qu'un toit a des lucarnes, un arbre au sud ou plusieurs pans d'orientation différente, c'est-à-dire souvent.

Où il se trouve et combien de temps il dure

L'onduleur central se voit : un boîtier gris au mur, avec deux ou trois voyants. Les micro-onduleurs, eux, restent sur le toit, clipsés au rail sous les panneaux. Dans les deux cas, l'appareil communique avec une application où vous suivez la production, heure par heure.

C'est la pièce la plus sollicitée de l'installation, la seule qui travaille en permanence. Un onduleur central tient une douzaine d'années, parfois quinze. Les micro-onduleurs sont garantis bien plus longtemps, souvent vingt ans. Quand nous parlons de remplacement à long terme avec un client, c'est de cette pièce que nous parlons, jamais des panneaux.

5. Où part l'électricité une fois qu'elle est produite

Une fois converti, ce courant rejoint votre tableau électrique et passe à l'utilisation et se comporte comme celui du réseau. Il alimente en priorité ce qui est allumé à cet instant. Le réfrigérateur, la box, le chauffe-eau qui chauffe à midi, le lave-vaisselle lancé après le repas : tout cela consomme d'abord votre production, sans que vous ayez le moindre réglage à faire.

Quand la production dépasse ce que la maison consomme, le surplus sort par le compteur et part chez le voisin, au sens propre. L'électricité prend le chemin le plus court et alimente les maisons alentour. Votre compteur communicant sait compter dans les deux sens : ce que vous prenez au réseau et ce que vous lui donnez.

Quand la production ne suffit pas, le soir ou en plein hiver, le complément arrive du réseau, sans coupure ni bascule visible. Vous ne voyez rien, vous n'entendez rien. Beaucoup de nos clients disent qu'ils ont oublié leur installation au bout d'un mois, sauf quand ils ouvrent l'application.

Autoconsommer, revendre, stocker

Consommer sa propre production porte un nom : l'autoconsommation. C'est de loin l'option la plus intéressante : chaque kilowattheure produit et utilisé chez vous est un kilowattheure que vous n'achetez pas. Sur une maison occupée en journée, nous constatons qu'entre 60 et 70 % de la production part directement dans la maison quand l'installation est bien dimensionnée.

Le surplus, lui, part sur le réseau. Il peut être vendu dans le cadre d'un contrat d'obligation d'achat, et certains choisissent même la vente totale de leur production. Ce que cette revente rapporte aujourd'hui ne suffit plus à porter un projet. Nous dimensionnons donc l'installation sur vos factures et sur vos habitudes réelles, jamais sur une revente hypothétique.

Un mot sur les habitudes, puisque c'est là que tout se joue. Décaler le lave-vaisselle à midi, programmer le ballon d'eau chaude en début d'après-midi, lancer une machine avant de partir travailler : ces gestes ne coûtent rien et augmentent nettement la part que vous consommez vous-même. Nos clients qui suivent leur application les adoptent en quelques semaines, sans y penser.

Le stockage, enfin : une batterie garde l'énergie produite dans la journée et la restitue le soir. Elle a du sens sur une maison vide entre huit heures et dix-huit heures, ou dans un hameau où les coupures sont fréquentes. Elle coûte cher et se remplace une fois dans la vie de l'installation. Nous la proposons quand vos relevés la justifient, jamais par principe.

À retenir
  • Un panneau réagit à la lumière, pas à la chaleur : il produit en hiver, et un peu même par ciel couvert.
  • L'électricité produite alimente d'abord vos appareils allumés ; le reste part sur le réseau.
  • La pièce qui s'use est l'onduleur, pas le panneau.

6. Comment fonctionne un panneau solaire quand le soleil manque

Voilà les quatre questions qui reviennent à chaque rendez-vous. Les réponses sont simples, et les chiffres parlent mieux qu'un long discours.

La nuit

Aucune production. Pas de lumière, pas d'électrons décrochés. Votre maison repasse entièrement sur le réseau, ou sur la batterie si vous en avez une. C'est la raison pour laquelle une installation ne vous rend pas indépendant du réseau, sauf à y mettre un prix que presque personne ne met.

Les nuages

Par ciel couvert, une partie de la lumière passe quand même, diffusée dans toutes les directions. Les cellules la captent quand même. Selon l'épaisseur des nuages, la production tombe à un quart ou à un dixième de ce qu'elle serait au même moment par ciel clair. Elle ne tombe pas à zéro.

L'hiver

Ici, le froid ne gêne pas, il aide même un peu. Ce qui baisse, c'est la durée du jour et la hauteur du soleil, qui reste bas sur l'horizon. Sur une maison de Bourgoin-Jallieu équipée de quinze panneaux, nos calculs donnent 896 kWh au mois de juillet et 320 kWh au mois de décembre. Le rapport est d'environ un à trois. Une installation se dimensionne en tenant compte de ce creux, pas en l'ignorant.

La neige

La neige arrête la production le temps qu'elle reste. Sur un toit en pente, elle glisse généralement d'elle-même en une journée ou deux, le verre étant lisse et un peu tiédi par le panneau. Nous déconseillons formellement de monter la déneiger : le risque de chute est réel, et les quelques kilowattheures perdus ne valent aucun accident.

Un dernier mot sur le brouillard, que nous connaissons bien dans les vallées de la région. Il coupe la production le matin et la libère souvent vers midi, quand la couche se lève. L'application vous montre cette bosse de production qui démarre tard : c'est normal.

7. Ce qu'une installation produit vraiment dans l'année

Passons du principe aux kilowattheures que vous produisez réellement. Une installation courante sur une maison de la région compte une quinzaine de panneaux, soit 6 kWc, et occupe de 30 à 35 m 2 de toiture. À Bourgoin-Jallieu, où se trouve notre atelier, nos calculs donnent environ 7 550 kWh par an pour cette taille. Le rampant est alors tourné au sud.

Pour vous donner une idée, une maison chauffée au gaz avec un ballon d'eau chaude électrique consomme entre 4 000 et 6 000 kWh par an. Une maison tout électrique monte facilement au double. Une installation de 6 kWc ne couvre donc pas tout, et elle n'a pas à le faire : elle couvre la part que vous consommez pendant les heures de soleil.

Trois tailles, trois ordres de grandeur

Comptez près de 3 775 kWh par an pour 3 kWc, soit environ sept panneaux, sur ce même toit. Une installation de 9 kWc, environ vingt et un panneaux, dépasse les 11 325 kWh. La production monte proportionnellement à la surface posée, tant que l'orientation reste la même.

En euros, cela se traduit simplement. Si vous consommez chez vous la plus grande partie de ce que produisent quinze panneaux, votre facture baisse de 910 à 1 060 € par an au tarif réglementé d'aujourd'hui. La fourchette dépend de vos horaires : une famille présente le mercredi et le week-end n'utilise pas sa production comme un couple absent toute la semaine.

Pourquoi nous ne donnons jamais un chiffre national

L'ensoleillement change vite d'un secteur à l'autre. Entre une maison de la vallée du Rhône et un village de Maurienne, l'écart de production dépasse 20 %. Entre deux maisons de la même rue, l'écart peut atteindre autant, à cause d'un simple arbre. C'est pourquoi notre technicien mesure l'orientation, la pente et les ombres avant d'avancer le moindre chiffre, et pourquoi l'estimation que nous remettons porte votre adresse.

8. Ce qui fait qu'un toit produit bien ou mal

Quatre éléments comptent vraiment dans la performance d'un toit. Les voici dans l'ordre où nous les regardons en montant sur une toiture.

L'orientation

Plein sud reste la meilleure exposition, avec une production maximale à midi. Un rampant sud-est ou sud-ouest perd seulement 5 % environ. Plein est ou plein ouest, la perte approche 15 %, mais la production s'étale mieux sur la journée, ce qui aide l'autoconsommation. Plein nord, nous ne posons pas.

L'inclinaison

La pente idéale tourne autour de 35 degrés sous nos latitudes, soit exactement la pente de beaucoup de toitures de la région. Un toit plus plat produit un peu moins l'hiver et se salit davantage. Un toit très pentu, comme on en voit en montagne, produit remarquablement bien au printemps, quand le soleil est encore bas.

L'ombre

C'est le facteur le plus sous-estimé. Un conduit de cheminée, une antenne, un sapin voisin, le pignon de la maison d'à côté : chacun peut coûter cher. Avec un onduleur central, une ombre pénalise toute la chaîne. Nous relevons donc le masque solaire pendant la visite, du lever au coucher, saison par saison. C'est un travail de dix minutes qui évite une déception de vingt ans.

La chaleur et la saleté

Au-delà de 25 degrés de température de cellule, le panneau perd environ 0,35 % de puissance par degré supplémentaire. En plein mois d'août, sur un toit sombre, la cellule peut atteindre 60 degrés : la production de l'après-midi baisse alors nettement. C'est pour cette raison que nous laissons toujours une lame d'air sous les panneaux.

Reste la saleté, qui coûte quelques pour cent. Le pollen du printemps, la poussière des moissons et les fientes d'oiseaux forment un film que la pluie n'emporte pas toujours. Un nettoyage annuel à l'eau pure suffit dans la plupart des cas.

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9. Les différents panneaux, expliqués simplement

Sous le mot panneau solaire se cachent plusieurs types d'équipements, et donc plusieurs technologies. Les confondre mène à des malentendus, parfois coûteux.

Le panneau photovoltaïque

Celui dont parle tout ce guide, aussi appelé module photovoltaïque. Il produit de l'électricité et représente la quasi-totalité de ce que nous posons chez les particuliers.

Le panneau thermique

Il ne produit pas d'électricité, il sert à chauffer. Un fluide circule dans un serpentin sous une plaque noire, monte en température, puis réchauffe l'eau de votre ballon. C'est un très bon choix pour l'eau chaude sanitaire, avec une logique différente et un circuit hydraulique à entretenir.

Le panneau hybride

Il fait les deux à la fois : électricité sur le dessus, récupération de chaleur en dessous. Le refroidissement des cellules améliore un peu leur rendement. Le prix, lui, monte, et la pose demande de la place pour les deux circuits.

Monocristallin ou polycristallin

Vous lirez souvent ces deux mots. Le monocristallin, noir uniforme, offre le meilleur rendement au mètre carré et équipe aujourd'hui presque toutes les maisons. Le polycristallin, bleuté, coûtait moins cher autrefois et a pratiquement disparu des devis. Ne perdez pas de temps sur ce choix : il est fait depuis longtemps.

Les tuiles solaires

Ce sont des panneaux en forme de tuiles, posés à la place de la couverture ordinaire, sur tout ou partie du rampant. Leur intérêt est esthétique, dans un centre ancien. Elles coûtent plus cher au kilowattheure produit et demandent une pose de couvreur. Nous les proposons quand la façade l'impose, pas comme premier choix.

10. Comment fonctionne un panneau solaire sur une maison comme la vôtre

Un système qui fonctionne en laboratoire ne dit rien de votre maison. Entre les deux, il y a une charpente, une couverture, un tableau électrique et un compteur. Voici ce que notre technicien regarde pendant la visite gratuite, dans l'ordre.

La charpente

Quinze panneaux pèsent environ 300 kg, répartis sur 30 m 2. Une charpente saine porte cette charge sans difficulté, y compris sur une ferme ancienne. Nous montons dans les combles, nous regardons la section des pannes et des chevrons, l'état du bois et les traces d'humidité. C'est la première raison pour laquelle nous renonçons parfois à un chantier.

La couverture

Tuile mécanique, tuile canal, ardoise, bac acier : chaque couverture a sa fixation. Nous posons des crochets qui prennent appui sur le chevron, puis nous reposons la tuile par-dessus en la recoupant si besoin. Si la couverture arrive en fin de vie, nous le signalons avant le devis. Poser des panneaux pour trente ans sur des tuiles qui en ont deux ne rend service à personne.

Le chemin des câbles et le tableau

Il faut ensuite descendre le courant du toit jusqu'au tableau. Nous cherchons un passage discret, souvent par les combles puis une gaine le long d'un mur du garage. Nous vérifions aussi la place disponible dans le tableau électrique et la mise à la terre, qui conditionnent la conformité de l'installation.

Vos factures

Vient enfin l'étape la plus utile, assis à votre table. Nous regardons votre consommation annuelle, la répartition entre le jour et la nuit, et vos habitudes réelles. C'est ce qui détermine la puissance à poser. Une installation trop grande produit un surplus qui ne vous rapporte presque rien. Une installation trop petite laisse de la facture sur la table.

Au bout de l'étude, vous repartez avec un chiffre simple : la production attendue chez vous, la part que vous consommerez et la baisse de facture correspondante. Le prix du devis est celui que vous payez, démarches comprises.

11. Ce qui tombe en panne, ce qui ne tombe pas

Sur une installation solaire, il y a peu de pièces et presque aucune pièce mobile. Les défaillances sont donc rares, et toujours les mêmes.

Les panneaux eux-mêmes ne tombent pratiquement jamais en panne. Sur les milliers de modules que nous surveillons, les remplacements se comptent sur les doigts d'une main, presque toujours après un choc, une grêle violente ou un défaut de fabrication qui apparaît la première année.

L'onduleur central, lui, est la pièce d'usure. Il travaille toute la journée, chauffe, et finit par lâcher au bout d'une douzaine d'années. Son remplacement coûte de 900 à 1 800 € selon la puissance. Nous l'annonçons dès l'étude, parce que c'est la seule dépense sérieuse à prévoir dans la vie de l'installation.

Les micro-onduleurs tombent rarement en panne, et une panne ne concerne qu'un panneau. La production baisse alors d'un quinzième, ce qui passe inaperçu sans supervision. C'est justement le rôle de l'application : notre technicien voit le panneau muet depuis l'agence et vous appelle avant que vous ayez remarqué quoi que ce soit.

L'étanchéité

Le vrai risque d'une pose bâclée n'est pas électrique, il est là. Un crochet mal posé, une tuile mal recoupée, et l'eau entre au premier orage de travers. Nous vérifions chaque point de fixation avant de redescendre, et notre garantie couvre l'étanchéité de la pose pendant 25 ans, pièces et main-d'œuvre, déplacement compris.

L'entretien courant et ses économies

L'entretien d'une installation solaire tient en peu de choses, et son avantage se mesure sur la production récupérée. Un nettoyage à l'eau pure une fois par an, à la perche depuis le sol, jamais au nettoyeur haute pression qui abîme les joints. Un contrôle des fixations et des connexions au passage. Un coup d'œil sur les courbes de production chaque mois, que nous faisons pour vous quand l'installation est supervisée.

12. Les kits à monter soi-même et le plug and play

Vous avez sans doute vu passer des kits solaires vendus en ligne, parfois à brancher sur une simple prise. Le principe physique est identique : mêmes cellules, même effet photovoltaïque. Ce qui change, c'est la puissance, la pose et les garanties.

Le plug and play

Il s'agit d'un ou deux panneaux posés au sol, sur un balcon ou contre un mur, avec un micro-onduleur intégré et un câble qui se branche sur une prise. Comptez de 300 à 800 € pour une production annuelle de l'ordre de 300 à 600 kWh. C'est une façon honnête de grignoter la consommation de fond de la maison, celle du réfrigérateur et de la box. Ce n'est pas une installation, et cela ne remplace pas un toit.

Installer soi-même son kit

Acheté seul, un kit complet revient moins cher qu'une installation posée. La différence de prix correspond au travail, au matériel de fixation adapté à votre couverture, aux démarches et aux assurances. Monter sur un toit pentu, percer une couverture et raccorder du courant continu demande un savoir-faire réel.

Trois points méritent votre attention avant de vous lancer. Le premier est l'assurance. En cas de sinistre lié à une pose personnelle, l'indemnisation se discute, parfois longuement, avec votre assureur, et l'issue reste incertaine. Le deuxième est le raccordement au réseau, qui suppose un dossier en bonne et due forme, puis une attestation de conformité délivrée par un organisme agréé. Le troisième est la garantie : le matériel reste couvert par son fabricant, la pose ne l'est par personne.

Nous n'avons rien contre ces kits, et nous entretenons volontiers des installations posées par d'autres. Nous rapportons simplement ce que nous voyons sur les toits : les kits bien montés vieillissent bien, les autres reviennent nous chercher au bout de deux hivers.

13. Combien de panneaux pour votre maison

Cette question arrive toujours à la fin, et la réponse ne se trouve ni dans un tableau ni dans une moyenne. Elle dépend de vos besoins réels et de votre façon de vivre au quotidien. Elle se calcule à partir de votre facture. Voici la méthode que nous appliquons.

Prenez d'abord votre consommation annuelle, en kilowattheures, inscrite sur votre facture. Regardez ensuite ce que vous consommez entre neuf heures et dix-sept heures, quand le soleil travaille. Pour un foyer absent la journée, cette part tourne autour de 30 %. Pour une famille avec du télétravail ou des enfants à la maison, elle dépasse souvent la moitié.

Cette part de consommation diurne est la cible. Une installation bien dimensionnée la couvre largement sans produire un surplus démesuré. Chez nous, une maison de 100 à 150 m 2 chauffée au gaz atteint généralement ce point autour de 3 kWc. Une maison tout électrique, avec pompe à chaleur ou ballon thermodynamique, se situe plutôt entre 6 et 9 kWc.

La place disponible compte aussi

Un panneau occupe environ 2 m 2. Quinze panneaux demandent donc 30 à 35 m 2 de rampant bien exposé, sans cheminée au milieu ni fenêtre de toit. Sur beaucoup de maisons, c'est la surface disponible qui fixe la limite, pas le budget.

Un ordre de prix

Pour situer le coût, une installation de 3 kWc posée et raccordée revient de 7 500 à 8 900 €. Une installation de 6 kWc, de 12 500 à 14 900 €. Une installation de 9 kWc, de 17 500 à 20 900 €. Ces montants comprennent le matériel, la pose par nos salariés, les démarches et la mise en service.

Au fond, le plus simple reste de faire venir quelqu'un avant de choisir quoi que ce soit. La visite est gratuite, elle dure une heure, et vous en repartez avec une estimation calculée sur votre toit et vos factures, pas sur une moyenne.

14. Du devis à la première production

Comprendre le fonctionnement d'un panneau ne dit pas comment on arrive au courant qui sort de la prise. Les primes et les aides changent souvent : elles ne font pas partie de ce guide, votre devis les détaillera le moment venu. Le chemin administratif est balisé, et il prend plus de temps que la pose elle-même.

La déclaration en mairie

Poser des panneaux modifie l'aspect extérieur du bâtiment. Une déclaration préalable de travaux est donc nécessaire, avec un délai d'instruction d'un mois. Dans le périmètre d'un monument protégé, l'architecte des Bâtiments de France donne son avis, ce qui ajoute environ deux mois. Nous montons ce dossier pour vous.

La demande de raccordement

En parallèle, nous déposons la demande auprès du gestionnaire du réseau. Elle décrit la puissance posée et la façon dont le surplus sera injecté. Une convention vous est ensuite envoyée, que vous signez. C'est l'étape la plus longue, et la moins prévisible.

La pose

Comptez une journée de chantier pour une maison, deux si la couverture demande de la reprise. Nos salariés posent les crochets et les rails, puis les panneaux. Les câbles descendent ensuite jusqu'au tableau. En fin de journée, le chantier est nettoyé et les tuiles déposées sont remises en place.

L'attestation de conformité et la mise en service

Un organisme indépendant vérifie que l'installation électrique respecte les règles. Une fois cette attestation obtenue, le réseau procède à la mise en service, parfois par un simple paramétrage à distance du compteur. Ce jour-là, vos panneaux commencent à alimenter la maison.

Comptez en général de six à dix semaines entre la signature et la première production, selon le délai de raccordement. Nous vous tenons au courant à chaque étape, et vous n'avez aucun formulaire à remplir.

15. Les questions que l'on nous pose le plus souvent

Comment fonctionne un panneau solaire sans soleil direct ?

Oui, dès qu'il fait jour. Par ciel couvert, la production tombe fortement sans jamais s'annuler. Le matin et le soir, la lumière arrive de biais et la production reste faible. C'est le cumul de l'année qui compte, pas une heure isolée.

Quelle est la durée de vie d'une installation ?

Les panneaux durent de vingt-cinq à trente ans, avec une perte de puissance lente. L'onduleur central se remplace une fois, vers la douzième année. Les fixations et l'étanchéité durent aussi longtemps que la couverture, à condition d'avoir été posées correctement.

Faut-il couper l'installation en cas de coupure de courant ?

Non, cela se fait tout seul. Pour la sécurité des équipes qui interviennent sur le réseau, l'onduleur se met à l'arrêt dès que le réseau disparaît. Votre maison n'est donc pas alimentée pendant une coupure, sauf si vous avez une batterie prévue pour cet usage.

Les panneaux chauffent-ils la maison ?

Non. Les panneaux photovoltaïques produisent de l'électricité, pas de la chaleur utilisable. Il protège même un peu la toiture du rayonnement d'été. Si vous cherchez de l'eau chaude, c'est vers le panneau thermique ou le ballon thermodynamique qu'il faut regarder.

Que devient l'électricité quand je pars en vacances ?

Elle part sur le réseau, car la maison consomme presque rien. C'est la limite de l'autoconsommation : en août, avec la meilleure production de l'année, une maison vide injecte presque tout. Une batterie n'y change rien sur une longue absence.

Peut-on poser des panneaux sur un toit ancien ?

Très souvent, oui. Nous posons régulièrement sur des fermes et des maisons de village d'un siècle. Ce qui compte n'est pas l'âge mais l'état de la charpente et de la couverture. Nous montons dans les combles avant de nous prononcer.

L'orientation de ma maison ne me laisse que l'est et l'ouest : est-ce perdu ?

Pas du tout. Une pose est-ouest perd environ 15 % sur l'année par rapport au plein sud, et elle produit plus tôt le matin et plus tard le soir. Pour un foyer qui consomme au petit-déjeuner et en fin de journée, cette répartition est parfois plus intéressante qu'un pic de midi.

Le rendement annoncé sur la fiche technique, est-ce ce que je vais obtenir ?

Non, et c'est normal. Le rendement décrit la cellule en laboratoire. Ce que vous obtiendrez dépend de votre toit, de vos ombres et de la météo de l'année. La seule valeur qui vous engage est celle que nous calculons pour votre adresse, et que nous écrivons dans l'étude.

Portrait de Karim Benali
Karim Benali
Il valide chaque étude avant le devis et monte sur les charpentes anciennes comme sur les grandes toitures agricoles. Vingt ans de terrain, en Isère et dans la Loire.
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